septembre 2010
puce AccueilTravail et emploiMaisons de l’emploi

Mots-clés

Rappel : La maison de l’emploi a pour objectifs d’associer les collectivités territoriales, de fédérer l’action des partenaires publics et privés et d’ancrer le service public de l’emploi dans les territoires.
La maison de l’emploi assure la convergence des politiques publiques de l’emploi et de la formation professionnelle dans le cadre d’un diagnostic, d’une stratégie et d’un plan d’actions partagés, adaptés au développement économique et social du territoire.
La maison de l’emploi est fondée sur l’adhésion de chacun des acteurs concernés qui apportent les moyens appropriés au projet. Elle respecte l’identité de chaque partenaire, reconnaît leur responsabilité commune et les rassemble dans l’action.

Le rôle des maisons de l’emploi au sein du service public de l’emploi, créées par la loi de programmation pour la cohésion sociale du 18 janvier 2005, a été réaffirmé par la loi du 13 février 2008 relative à la réforme de l’organisation du service public de l’emploi. Parallèlement, les premières maisons de l’emploi arrivent au terme de leur conventionnement initial par l’Etat. Dans ce contexte, il est donc nécessaire d’adapter le premier cahier des charges des maisons de l’emploi du 7 avril 2005.
Ce cahier des charges a pour but de définir les missions, le fonctionnement des maisons de l’emploi ainsi que les conditions d’évaluation de leur activité. Il permet de déterminer le cadre du conventionnement des structures et les missions qui feront l’objet d’un financement par l’Etat ;

Source : Arrêté du 7 avril 2005 publié au JO n°91 du 19 avril 2005
Arrêté du 21 décembre 2009 publié au JO n°302 du 30 décembre 2009

La gouvernance des maisons de l’emploi

Les membres constitutifs obligatoires sont : les collectivités territoriales ou leurs groupements porteurs de projet, l’Etat et Pôle emploi. Le conseil régional, le conseil général, les intercommunalités et les communes (en l’absence d’intercommunalités compétentes) autres que la collectivité territoriale fondatrice et concourant au projet sont, à leur demande, membres constitutifs.
Les partenaires associés  : tous les acteurs locaux de la politique de l’emploi et de la formation professionnelle -dont les partenaires sociaux- peuvent être associés à la maison de l’emploi dès lors que leur admission a reçu l’accord préalable des membres consultatifs obligatoires. Les membres consultatifs obligatoires doivent disposer de la majorité des voix au sein du conseil d’administration et du bureau.

Les maisons de l’emploi seront également amenées à développer des actions dans le champ de la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences territorialisées. Par conséquent, afin d’associer les entreprises et les partenaires sociaux (représentants patronaux et salariaux) à la définition des grandes orientations et au suivi des projets, il est souhaitable, quoique nullement obligatoire, que les maisons de l’emploi créent un conseil d’orientation (ou toute structure aux missions équivalentes). Ils seront composés notamment des représentants des partenaires sociaux, des entreprises et de toutes autres personnalités qualifiées.

Organisation des relations entre les maisons de l’emploi et les comités de bassin d’emploi, les plans locaux pour l’insertion et l’emploi et les missions locales

Maisons de l’emploi et comités de bassin d’emploi Quand coexistent, sur un même territoire ou un territoire proche, une maison de l’emploi et un comité de bassin d’emploi, les deux structures doivent être pleinement intégrées. L’absence d’intégration entraînera soit une minoration, soit une absence de financement de la part de l’Etat.
Ce rapprochement pourra être accompagné de la mise en place d’un comité d’orientation ou d’une structure similaire, afin d’intégrer les entreprises et les partenaires sociaux au sein de la gouvernance de la maison de l’emploi.

Maisons de l’emploi et plans locaux pour l’insertion et l’emploi
Quand les périmètres territoriaux sont identiques ou proches, le rapprochement entre maisons de l’emploi et plans locaux d’insertion dans l’emploi (PLIE) est encouragé. Pour autant, ce rapprochement devra respecter un principe d’individualisation budgétaire et comptable, grâce au développement d’une comptabilité analytique afin d’assurer la traçabilité notamment des crédits du FSE.
Dans le cadre du calcul du montant du financement de l’Etat à la maison de l’emploi, ces rapprochements seront pris en considération

Maisons de l’emploi et missions locales
Les coopérations entre maisons de l’emploi et missions locales pourront s’organiser en fonction des réalités locales et, le cas échéant, donner lieu à des rapprochements. Tout rapprochement décidé localement devra respecter les règles d’individualisation budgétaire et comptable, grâce au développement d’une comptabilité analytique afin d’assurer la traçabilité des financements correspondant aux missions confiées par les financeurs, Etat et collectivités territoriales.

Quatre axes d’intervention et des actions en matière d’accueil, d’orientation et d’accompagnement pour les maisons de l’emploi

L’intervention des maisons de l’emploi est structurée autour de quatre axes obligatoires, pour lesquels les maisons de l’emploi devront conduire au moins une action par axe. Le calcul du montant de la participation de l’Etat s’appuiera sur le projet de la structure ainsi déterminé en collaboration avec le représentant de l’Etat en région. Ces axes d’intervention des maisons de l’emploi visent à privilégier la coordination et la complémentarité des acteurs locaux en matière de politique de l’emploi. Cela implique donc que les maisons n’ont pas vocation à développer une offre de service déjà existante.

Axe 1 : développer une stratégie territoriale partagée : du diagnostic au plan d’actions
Ce premier axe, impliquant notamment la mise en oeuvre d’un diagnostic partagé, constitue un préalable à la détermination d’un plan d’actions qui s’appuiera notamment sur les actions rattachées aux trois autres axes.
Dans ce cadre, les maisons de l’emploi devront élaborer un diagnostic territorial sur la base d’une analyse du marché du travail et les potentialités du territoire en matière d’offres et de demandes d’emploi. Pour ce faire, les maisons de l’emploi s’appuieront sur les outils et travaux déjà existants aux niveaux local et régional (en particulier sur ceux de Pôle emploi, de la DARES, de l’INSEE et des services d’études régionaux du réseau territorial de l’Etat en matière d’emploi).
Ce diagnostic constituera la base nécessaire à la détermination d’une stratégie partagée en matière d’emploi et, in fine, d’un plan d’actions que les différents partenaires mettent en œuvre.

Axe 2 : participer à l’anticipation des mutations économiques
Sur la base de ce diagnostic, les maisons de l’emploi mènent des actions de coordination et d’informations spécialisées à destination des acteurs locaux, institutionnels et économiques, afin de leur permettre de mieux anticiper les mutations économiques sur le territoire concerné.
Les maisons de l’emploi participent notamment à l’animation et à la coordination des actions en matière de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences territoriales. Elles favorisent également, avec les autres acteurs du service public de l’emploi, le travail en commun avec les branches professionnelles sur leur ressort territorial.
Pour les bassins d’emploi non outillés, les maisons de l’emploi peuvent contribuer, dans une logique de facilitation des parcours de mobilité professionnelle et de reconversion des territoires, à la coordination des parcours individuels ou développer le rôle de pivot d’une plate-forme de reconversion.

Axe 3 : contribuer au développement de l’emploi local
Sur la base du diagnostic initial, et dans le cadre de la stratégie locale, les maisons de l’emploi ont vocation à contribuer au développement local. Elles doivent de ce fait coordonner, animer et produire une information spécifique déjà existante au niveau local, mais éclatée entre les différents acteurs territoriaux intervenant dans le champ de la politique de l’emploi. L’objectif est de fluidifier la transmission d’informations et les relations entre les acteurs sur le territoire, et non de créer une nouvelle offre de services propre, les maisons de l’emploi n’ayant pas vocation à développer une offre de service déjà existante.
Une telle action d’information, d’animation et de coordination, dans le respect des compétences de chacun des acteurs, peut intervenir dans des champs extrêmement divers en matière de développement local : aide à la création d’entreprise, développement des services à la personne, responsabilité sociale des entreprises et intermédiation entre Pôle emploi et les très petites entreprises pour encourager ces dernières à déposer leurs offres d’emploi auprès de l’opérateur national.

Axe 4 : réduire les obstacles culturels ou sociaux à l’accès à l’emploi
Les maisons de l’emploi doivent participer à la coordination et à l’animation des acteurs agissant dans le champ de la mobilité sociale et professionnelle, notamment en développant les informations spécialisées et en diffusant les bonnes pratiques.
Dans ce cadre, il s’agit notamment d’intervenir dans le champ de la lutte contre les discriminations à l’embauche, de la lutte contre l’illettrisme, de la mobilité géographique...

Actions en matière d’accueil, d’orientation ou d’accompagnement des personnes à la recherche d’un emploi
Pôle emploi a la responsabilité générale de l’accueil, de l’orientation et de l’accompagnement des personnes à la recherche d’un emploi. Le positionnement des maisons de l’emploi doit donc s’inscrire en cohérence avec l’offre de service et l’organisation territoriale de Pôle emploi.
En conséquence, les maisons de l’emploi peuvent développer des actions d’accueil et d’information pour répondre à des besoins locaux, tout particulièrement lorsqu’elles accueillent des sites mixtes ou des permanences assurées par Pôle emploi.
Dans l’hypothèse où une maison de l’emploi, compte tenu des spécificités territoriales, souhaiterait développer sur la base d’une initiative locale des actions d’accompagnement sans le financement de l’Etat (prévu par le décret n° 2009-1593 du 18 décembre 2009), elle devra respecter les conditions cumulatives suivantes :
– respect du schéma territorial de Pôle emploi tel que validé en CRE, dans le sens où l’intervention d’une maison de l’emploi en matière d’accueil, d’orientation et d’accompagnement de personnes à la recherche d’emploi doit répondre à un souci de présence des services publics en milieu rural, et en aucun cas doublonner la présence de Pôle emploi au niveau local ;
– validation du projet, formalisé dans le cadre d’une convention spécifique conclue entre la maison de l’emploi, Pôle emploi et l’Etat, par le conseil régional de l’emploi. Si ces conditions sont respectées, le préfet de région pourra statuer sur l’aide financière accordée au titre des actions des axes obligatoires.

Les moyens

Il appartient à l’Etat et aux collectivités locales et leurs groupements, membres obligatoires, d’apporter les moyens appropriés en matière de ressources humaines et de fonctionnement à l’accomplissement des missions confiées à la maison de l’emploi.
Les autres partenaires, membres de la gouvernance de la structure, peuvent participer au financement du budget de fonctionnement de la maison de l’emploi.
Concernant le financement de l’Etat, celui-ci ne peut excéder 70 % du budget de fonctionnement de la maison de l’emploi, dans les limites des crédits ouverts en loi de finances initiale. En conséquence, contrairement au schéma financier retenu dans le cadre de la première génération de conventions, la valorisation globale de l’offre de services des partenaires n’entre plus dans le calcul de la participation financière de l’Etat. Pour autant, cette information devra continuer d’être fournie, à titre d’indicateur permettant d’approcher l’importance de l’effet levier de l’aide de l’Etat et des collectivités territoriales et leurs groupements. La contribution financière de l’Etat en fonctionnement sera précisée par le ministre chargé de l’emploi, par voie de circulaire.
La contribution financière des collectivités territoriales et de leurs groupements est ainsi portée, au minimum, à hauteur de 30 % du budget propre de la maison de l’emploi.
Le financement de l’Etat est composé d’un socle de financement garanti fonction de la population couverte, permettant d’assurer aux maisons de l’emploi un financement minimum des dépenses de fonctionnement de la structure et d’une part variable qui sera fonction de la nature des projets et des résultats atteints. La totalité du financement de l’Etat ne peut être supérieure à 1 million d’euros. Ces modalités de financement peuvent faire l’objet de deux aménagements :
– dans le cas où le budget de la maison de l’emploi implique un financement inférieur au socle garanti, la part de l’aide de l’Etat restera de 70 % du budget total ;
– le plafond du financement de l’Etat à hauteur de 1 million d’euros pourra être réexaminé dans les situations où des maisons de l’emploi viendraient à se regrouper.
Enfin, conformément aux circulaires du Premier ministre du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec l’administration et du 16 janvier 2007 relative aux subventions de l’Etat aux associations, la maison de l’emploi devra produire les documents suivants :
– un budget annuel prévisionnel ;
– un compte rendu financier annuel assorti d’un bilan d’activité qui sera remis au préfet de région, dans les six mois suivant la fin de l’exercice concerné, afin que la maison de l’emploi puisse justifier annuellement auprès de l’ensemble des contributeurs de la conformité à leur objet des dépenses effectuées.

Le périmètre territorial

Le périmètre territorial principal des maisons de l’emploi doit s’adapter aux territoires dans lesquels s’inscrivent les partenariats les plus pertinents, tout en intégrant les conséquences du schéma territorial de Pôle emploi. Dans l’hypothèse où un territoire économiquement cohérent comprend plusieurs maisons de l’emploi, les mutualisations entre structures sont largement préconisées. Quelle que soit l’organisation territoriale retenue, celle-ci devra être analysée par le conseil régional de l’emploi.

Le statut juridique

Deux statuts juridiques distincts peuvent être choisis par les maisons de l’emploi :
– soit celui des associations loi 1901 relative au contrat d’association ou du droit local alsacien et mosellan ;
– soit celui du groupement d’intérêt public (GIP).

Les modalités de reconventionnement des maisons de l’emploi

Il appartient au préfet de région de porter à la connaissance des présidents de maison de l’emploi le nouveau cahier des charges. L’organe délibérant transmet son projet au préfet de région. Ce dossier comporte le descriptif du projet, le projet de convention, le budget initial, le plan d’actions envisagé et les statuts. Les engagements des partenaires doivent impérativement y figurer. Après information du conseil régional de l’emploi, le préfet de région prend la décision d’attribuer une aide financière à la maison de l’emploi en fonction de la pertinence de chacune des actions arrêtées dans le cadre de la convention.

Extrait du décret n°2009-1593 du 18 décembre 2009 fixant les modalités d’attribution de l’aide de l’Etat aux maisons de l’emploi
Publié au JO n°295 du 20 décembre 2009

L’aide de l’Etat est attribuée, par le préfet de région, aux maisons de l’emploi, pour la mise en œuvre, à partir d’un diagnostic territorial, des actions suivantes :
« 1 - Participation à l’anticipation des mutations économiques ;
« 2 - Contribution au développement de l’emploi local ;
« 3 - Réduction des obstacles culturels ou sociaux à l’accès à l’emploi.
« Cette aide ne peut être attribuée qu’à la condition que la maison de l’emploi se constitue sous forme d’association ou sous forme de groupement d’intérêt public.
« Les membres fondateurs à titre obligatoire doivent disposer de la majorité des voix au sein du conseil d’administration et du bureau.

Les maisons de l’emploi ne peuvent bénéficier de l’aide de l’Etat que si elles remplissent les conditions figurant dans un cahier des charges, pris par arrêté du ministre chargé de l’emploi, qui précise les relations avec leurs partenaires et les modalités de leur financement par l’Etat.

La participation de l’Etat ne peut excéder un pourcentage du budget de fonctionnement de la maison de l’emploi et un plafond fixés par arrêté du ministre chargé de l’emploi.

L’aide de l’Etat ne peut porter que sur les dépenses de fonctionnement.

Une convention est conclue entre le préfet de région et la maison de l’emploi. Cette convention précise les objectifs à atteindre, les moyens mis en œuvre, la durée du conventionnement et le budget de la maison de l’emploi, ainsi que le montant et les conditions de contrôle de l’utilisation de l’aide allouée. Le préfet de région présente la convention au conseil régional de l’emploi.

Les maisons de l’emploi adressent chaque année au préfet de région un compte rendu financier et un bilan d’activité mettant en évidence les contributions apportées au fonctionnement du service public de l’emploi et du marché de l’emploi sur leur territoire d’intervention.

Evaluation

Les maisons de l’emploi font l’objet d’une double évaluation chaque année :
– au niveau national, une évaluation globale du dispositif est effectuée par le ministre en charge de l’emploi et sera présentée et débattue au sein du Conseil national de l’emploi. Son objectif est d’analyser la performance des maisons de l’emploi, leur complémentarité avec les autres acteurs du SPE et de favoriser la diffusion au niveau national des bonnes pratiques ;
– au niveau régional, le préfet de région procède à l’évaluation des actions prévues par les conventions
Etat/maisons de l’emploi. La détermination du niveau futur de financement dépendra des résultats constatés selon des modalités qui seront précisées dans la circulaire relative aux modalités de financement des maisons de l’emploi. Les résultats de cette évaluation sont portés à la connaissance du conseil régional de l’emploi.

Auto-évaluation

Pour apprécier la valeur ajoutée de son action et améliorer le management de projet, la maison de l’emploi peut procéder à une démarche permanente d’auto-évaluation. Cette démarche, qui permet par une analyse partagée de mieux fédérer et valoriser les complémentarités entre les partenaires, constitue une aide pertinente aux décideurs afin d’améliorer l’efficacité des actions menées. A ce titre, elle est encouragée.

retour haut

Documents

Arrêté du 21 décembre 2009

portant cahier des charges des maisons de l’emploi

Arrêté du 21 décembre 2009
pdf (160 ko)

Décret n°2009-1593 du 18 décembre 2009

fixant les modalités d’attribution de l’aide de l’Etat aux maisons de l’emploi

Décret n°2009-1593 du 18 décembre 2009
pdf (91 ko)

Toutes les adresses dans la rubrique Contact

 

© Handipole - Politiques d'emploi en faveur des personnes handicapées