septembre 2010
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décembre 2007

L’APAS BTP au service du maintien dans l’emploi

L’Apas BTP (bâtiments et travaux publics) s’est doté dès sa création, en 1947, d’un service de réorientation professionnelle pour accompagner les salariés touchés par des restrictions d’aptitudes suite à une maladie ou un accident (professionnel ou de la vie privée). À travers son dispositif Elhan, l’Apas BTP propose aujourd’hui un service d’appui pour le maintien dans l’emploi des travailleurs handicapés, des bilans de maintien dans l’emploi, et des actions d’information et de sensibilisation destinées au secteur du BTP : entreprises, salariés et organismes spécifiques de ce secteur. Les prestations du service de réorientation sont cofinancées par le secteur professionnel et l’Agefiph.
Le service de réorientation de l’Apas BTP accueille environ 700 personnes par an, orientées par les médecins du travail, les PDITH, les assistants de services sociaux de la Cram ou de l’Apas BTP, ou grâce au partenariat avec Pro BTP (groupe de protection sociale du BTP) qui signale les arrêts maladie de longue durée. Le service de réorientation de l’Apas BTP propose une première évaluation aux personnes en arrêt maladie, si possible suffisamment tôt, pour anticiper les actions à mettre en oeuvre pour un maintien dans l’emploi.
«  Avec les salariés du BTP confrontés à un problème d’aptitude à leur poste, nous travaillons beaucoup sur la représentation de la santé au travail et les conséquences à long terme pour leur devenir professionnel mais aussi familial. Une démarche de maintien dans l’emploi ne peut pas faire l’économie d’un travail d’écoute, d’accompagnement des personnes, notamment sur la “valeur santé” . Que représente-t-elle ? Où se situe la limite de la mise en danger pour sa santé ? La notion de mise en danger est quelquefois relative chez des personnes qui justement sont habituées à canaliser leur peur pour exercer certains métiers du BTP réputés dangereux… », explique Laurence Igounet, responsable du service réorientation professionnelle de l’Apas BTP.

DES RECLASSEMENTS TOURNÉS VERS LE SECTEUR DU BTP

La spécificité des salariés du bâtiment et des travaux publics réside dans le fort attachement à cette branche professionnelle. Il existe un véritable lien affectif avec le milieu, l’ambiance, l’équipe,conjugué à un sentiment de liberté sur les chantiers en plein air, une certaine fierté de contribuer à la construction, et la satisfaction de voir son travail avancer de jour en jour. Il s’agit d’une donnée importante car cette implication affective entraîne, pour beaucoup, un plus grand souhait de rester dans le secteur du BTP, même après une maladie ou un accident.
Il est donc souvent difficile de proposer à ces personnes une reconversion vers des emplois d’usine ou du secteur du tertiaire. Pour ceux qui souhaitent en priorité rester dans ce secteur professionnel et poursuivre une carrière « à l’extérieur », le reclassement professionnel est orienté vers des métiers du BTP où l’activité est moins physique.
Le métier de métreur, par exemple, quand les potentialités sont validées par le service, est un choix professionnel souvent adopté par les salariés. Il s’agit d’une amélioration en termes de santé, car c’est un travail de chiffrage sur chantier qui exclut la manipulation et le port de charge.
Pour les ouvriers qualifiés, il s’agit d’une amélioration en termes de carrière, car le métier de métreur est une promotion. C’est pourquoi cette reconversion est valorisante et appréciée. Elle permet aux ouvriers du BTP de mieux accepter un état de santé plus fragile ou de lâcher leur ancien métier avec moins de réticences.
Les salariés se reconvertissent aussi volontiers dans des métiers de dessinateur industriel ou de technico-commercial. Pour ceux qui n’ont pas le niveau suffisant pour suivre une formation qualifiante, il existe des créations de poste « sur mesure », étudiées en commun avec l’employeur et le salarié et qui répondent à de réels besoins de l’entreprise (gestion administrative, relations clientèle…).
Enfin, grâce à une connaissance fine des entreprises, le service réorientation de l’Apas BTP aide également les salariés à se reclasser, non pas en changeant de métier, mais en facilitant les aménagements de postes ou en se tournant vers une autre entreprise dans le même secteur. Par exemple, un plombier ou un chauffagiste inapte dans une entreprise pourra continuer à exercer son métier dans une société voisine où il assurera la maintenance et aura moins de port de charges.

LA FORMATION COMME PRÉALABLE AU RECLASSEMENT

Les choix de réorientation débouchent souvent sur des projets qui comportent une formation. En effet, un grand nombre de salariés rencontrés sont issus des postes de chantier, peu ou hautement qualifiés comme les conducteurs de travaux.Ils seront reclassés sur des postes sédentaires, techniques ou administratifs, qui appellent de nouvelles compétences, et qui, dans la mesure du possible, représentent une promotion.
Les formations, de perfectionnement ou qualifiante, peuvent durer de trois à dix mois selon le métier recherché, voire deux ans en alternance. Les formations en alternance remportent la préférence des salariés du bâtiment, car le principe leur permet de garder un pied dans l’entreprise.
Lorsqu’elles ne peuvent se dérouler au sein d’organismes de formation de droit commun, les salariés, avec l’accord de leur employeur, peuvent bénéficier d’une formation en centre de reclassement professionnel, sur avis favorale de la MDPH. Pour la région parisienne, trois CRP (le centre du Belloy dans l’Oise, Coubert en Seine-et-Marne et Sillery dans l’Essonne) proposent des formations dans les métiers du bâtiment et des travaux publics.
Pour certaines personnes, une formation longue n’est pas appropriée. Ces salariés ont choisi au départ un métier manuel car ils ne souhaitaient pas faire d’études, d’autres ont vécu l’école comme un échec et envisagent encore moins de retourner sur les bancs de la formation des années plus tard. Il est alors nécessaire à l’Apas BTP de bien cerner leurs savoir-faire et leurs compétences (via des tests psychotechniques, des bilans de maintien dans l’emploi…) pour les diriger vers des métiers qui ne nécessitent pas de formation longue.
« Ce qui était fréquent dans la génération précédente, à savoir le surhandicap causé par le faible niveau de français des ouvriers immigrés, tend certes à diminuer, mais le faible niveau de scolarisation et de qualification des travailleurs handicapés rencontrés dans le service pose encore des difficultés face aux exigences accrues du marché de l’emploi », précise Laurence Igounet.
Environ 30 % des salariés sont reclassés en interne dans l’entreprise. Pour ceux qui bénéficient d’un reclassement externe, les choix professionnels s’orientent vers les métiers :
du bâtiment (poste adapté dans une autre entreprise) ;
des transports ;
de la surveillance ;
du magasinage ;
du commerce.
« En règle générale, pour tous les reclassements externes, nous travaillons en étroit partenariat avec le réseau Cap Emploi qui prend le relais pour le placement, bien que certaines personnes réussissent à retrouver un poste assez rapidement via leurs propres réseaux de connaissances dans le secteur du bâtiment. Mais avant de passer le relais à la structure Cap Emploi, nous prenons le temps d’une approche globale et individualisée pour chaque situation de reclassement, conclut Laurence Igounet. Car un reclassement qui est rapide n’est pas forcément un reclassement qui va durer. Or il est important pour nous d’aider à construire des reclassements pérennes. »

A SAVOIR
Zoom sur le service réorientation professionnelle de l’Apas

Public accueilli
Salarié dans le secteur du bâtiment et des travaux publics
Environ 700 personnes suivies par an
51% pour maladie
49 % pour maladie ou accident d’origine professionnelle
80 % des personnes ont une déficience motrice
Âge moyen des salariés : 35/45 ans

Prestations
Diagnostic médical
Évaluation psychotechnique
Élaboration d’un projet de formation


Bilan de maintien dans l’emploi
Techniques de recherche d’emploi

En direction des entreprises
Informations sur les dispositifs d’aide au reclassement et à l’embauche de salariés en situation de handicap

Professionnels
Une chargée de mission handicap
Des médecins de réorientation
Des psychologues du travail
Des conseillers en reclassement


Durée
Accompagnement de 3 à 24 mois en moyenne

Financement
Cofinancement secteur professionnel/Agefiph


Apas BTP réorientation professionnelle
52, avenue Michel Bizot
75012 Paris
01 53 33 22 4
reorientation@apas.asso.fr

L’Apas BTP (bâtiments et travaux publics) s’est doté dès sa création, en 1947, d’un service de réorientation professionnelle pour accompagner les salariés touchés par des restrictions d’aptitudes suite à une maladie ou un accident (professionnel ou de la vie privée). À travers son dispositif Elhan, l’Apas BTP propose aujourd’hui un service d’appui pour le maintien dans l’emploi des travailleurs handicapés, des bilans de maintien dans l’emploi, et des actions d’information et de sensibilisation destinées au secteur du BTP : entreprises, salariés et organismes spécifiques de ce secteur. Les prestations du service de réorientation sont cofinancées par le secteur professionnel et l’Agefiph.
Le service de réorientation de l’Apas BTP accueille environ 700 personnes par an, orientées par les médecins du travail, les PDITH, les assistants de services sociaux de la Cram ou de l’Apas BTP, ou grâce au partenariat avec Pro BTP (groupe de protection sociale du BTP) qui signale les arrêts maladie de longue durée. Le service de réorientation de l’Apas BTP propose une première évaluation aux personnes en arrêt maladie, si possible suffisamment tôt, pour anticiper les actions à mettre en oeuvre pour un maintien dans l’emploi.
«  Avec les salariés du BTP confrontés à un problème d’aptitude à leur poste, nous travaillons beaucoup sur la représentation de la santé au travail et les conséquences à long terme pour leur devenir professionnel mais aussi familial. Une démarche de maintien dans l’emploi ne peut pas faire l’économie d’un travail d’écoute, d’accompagnement des personnes, notamment sur la “valeur santé” . Que représente-t-elle ? Où se situe la limite de la mise en danger pour sa santé ? La notion de mise en danger est quelquefois relative chez des personnes qui justement sont habituées à canaliser leur peur pour exercer certains métiers du BTP réputés dangereux… », explique Laurence Igounet, responsable du service réorientation professionnelle de l’Apas BTP.

DES RECLASSEMENTS TOURNÉS VERS LE SECTEUR DU BTP

La spécificité des salariés du bâtiment et des travaux publics réside dans le fort attachement à cette branche professionnelle. Il existe un véritable lien affectif avec le milieu, l’ambiance, l’équipe,conjugué à un sentiment de liberté sur les chantiers en plein air, une certaine fierté de contribuer à la construction, et la satisfaction de voir son travail avancer de jour en jour. Il s’agit d’une donnée importante car cette implication affective entraîne, pour beaucoup, un plus grand souhait de rester dans le secteur du BTP, même après une maladie ou un accident.
Il est donc souvent difficile de proposer à ces personnes une reconversion vers des emplois d’usine ou du secteur du tertiaire. Pour ceux qui souhaitent en priorité rester dans ce secteur professionnel et poursuivre une carrière « à l’extérieur », le reclassement professionnel est orienté vers des métiers du BTP où l’activité est moins physique.
Le métier de métreur, par exemple, quand les potentialités sont validées par le service, est un choix professionnel souvent adopté par les salariés. Il s’agit d’une amélioration en termes de santé, car c’est un travail de chiffrage sur chantier qui exclut la manipulation et le port de charge.
Pour les ouvriers qualifiés, il s’agit d’une amélioration en termes de carrière, car le métier de métreur est une promotion. C’est pourquoi cette reconversion est valorisante et appréciée. Elle permet aux ouvriers du BTP de mieux accepter un état de santé plus fragile ou de lâcher leur ancien métier avec moins de réticences.
Les salariés se reconvertissent aussi volontiers dans des métiers de dessinateur industriel ou de technico-commercial. Pour ceux qui n’ont pas le niveau suffisant pour suivre une formation qualifiante, il existe des créations de poste « sur mesure », étudiées en commun avec l’employeur et le salarié et qui répondent à de réels besoins de l’entreprise (gestion administrative, relations clientèle…).
Enfin, grâce à une connaissance fine des entreprises, le service réorientation de l’Apas BTP aide également les salariés à se reclasser, non pas en changeant de métier, mais en facilitant les aménagements de postes ou en se tournant vers une autre entreprise dans le même secteur. Par exemple, un plombier ou un chauffagiste inapte dans une entreprise pourra continuer à exercer son métier dans une société voisine où il assurera la maintenance et aura moins de port de charges.

LA FORMATION COMME PRÉALABLE AU RECLASSEMENT

Les choix de réorientation débouchent souvent sur des projets qui comportent une formation. En effet, un grand nombre de salariés rencontrés sont issus des postes de chantier, peu ou hautement qualifiés comme les conducteurs de travaux.Ils seront reclassés sur des postes sédentaires, techniques ou administratifs, qui appellent de nouvelles compétences, et qui, dans la mesure du possible, représentent une promotion.
Les formations, de perfectionnement ou qualifiante, peuvent durer de trois à dix mois selon le métier recherché, voire deux ans en alternance. Les formations en alternance remportent la préférence des salariés du bâtiment, car le principe leur permet de garder un pied dans l’entreprise.
Lorsqu’elles ne peuvent se dérouler au sein d’organismes de formation de droit commun, les salariés, avec l’accord de leur employeur, peuvent bénéficier d’une formation en centre de reclassement professionnel, sur avis favorale de la MDPH. Pour la région parisienne, trois CRP (le centre du Belloy dans l’Oise, Coubert en Seine-et-Marne et Sillery dans l’Essonne) proposent des formations dans les métiers du bâtiment et des travaux publics.
Pour certaines personnes, une formation longue n’est pas appropriée. Ces salariés ont choisi au départ un métier manuel car ils ne souhaitaient pas faire d’études, d’autres ont vécu l’école comme un échec et envisagent encore moins de retourner sur les bancs de la formation des années plus tard. Il est alors nécessaire à l’Apas BTP de bien cerner leurs savoir-faire et leurs compétences (via des tests psychotechniques, des bilans de maintien dans l’emploi…) pour les diriger vers des métiers qui ne nécessitent pas de formation longue.
« Ce qui était fréquent dans la génération précédente, à savoir le surhandicap causé par le faible niveau de français des ouvriers immigrés, tend certes à diminuer, mais le faible niveau de scolarisation et de qualification des travailleurs handicapés rencontrés dans le service pose encore des difficultés face aux exigences accrues du marché de l’emploi », précise Laurence Igounet.
Environ 30 % des salariés sont reclassés en interne dans l’entreprise. Pour ceux qui bénéficient d’un reclassement externe, les choix professionnels s’orientent vers les métiers :
du bâtiment (poste adapté dans une autre entreprise) ;
des transports ;
de la surveillance ;
du magasinage ;
du commerce.
« En règle générale, pour tous les reclassements externes, nous travaillons en étroit partenariat avec le réseau Cap Emploi qui prend le relais pour le placement, bien que certaines personnes réussissent à retrouver un poste assez rapidement via leurs propres réseaux de connaissances dans le secteur du bâtiment. Mais avant de passer le relais à la structure Cap Emploi, nous prenons le temps d’une approche globale et individualisée pour chaque situation de reclassement, conclut Laurence Igounet. Car un reclassement qui est rapide n’est pas forcément un reclassement qui va durer. Or il est important pour nous d’aider à construire des reclassements pérennes. »

A SAVOIR
Zoom sur le service réorientation professionnelle de l’Apas

Public accueilli
Salarié dans le secteur du bâtiment et des travaux publics
Environ 700 personnes suivies par an
51% pour maladie
49 % pour maladie ou accident d’origine professionnelle
80 % des personnes ont une déficience motrice
Âge moyen des salariés : 35/45 ans

Prestations
Diagnostic médical
Évaluation psychotechnique
Élaboration d’un projet de formation


Bilan de maintien dans l’emploi
Techniques de recherche d’emploi

En direction des entreprises
Informations sur les dispositifs d’aide au reclassement et à l’embauche de salariés en situation de handicap

Professionnels
Une chargée de mission handicap
Des médecins de réorientation
Des psychologues du travail
Des conseillers en reclassement


Durée
Accompagnement de 3 à 24 mois en moyenne

Financement
Cofinancement secteur professionnel/Agefiph


Apas BTP réorientation professionnelle
52, avenue Michel Bizot
75012 Paris
01 53 33 22 4
reorientation@apas.asso.fr

décembre 2007

• Facilitation et sécurisation des parcours professionnels des personnes handicapées
• Les centres de rééducation professionnelle
• L’Apas au service du maintien dans l’emploi

 

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