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décembre 2007

Les centres de rééducation professionnelle

L’offre de formation professionnelle aux personnes handicapées repose aujourd’hui pour une grande part sur les centres de rééducation professionnelle. Ces établissements médico-sociaux proposent, dans le cadre d’une programmation régionale, une palette d’actions allant de la préorientation à la qualification. Handipole fait le point sur ce dispositif, à partir notamment d’une étude à paraître de l’Observatoire régional des dispositifs d’insertion des travailleurs handicapés.
Seul dispositif de formation longue durée (souvent supérieure à un an), spécifiquement dédié aux personnes en situation de handicap, les centres de rééducation ou reclassement professionnel (CRP) ont pour mission de faciliter la réinsertion sociale et professionnelle des travailleurs handicapés.

Ils ont pour vocation d’assurer une formation qualifiante par le biais d’acquisition de nouvelles compétences professionnelles, en alliant un suivi médical, psychologique et social de la personne – avec la présence au sein des centres de personnels tels que médecins, kinésithérapeutes, ergonomes, psychologues, assistants de service social, selon les besoins et les déficiences des stagiaires. Les formations qui y sont dispensées (et qui peuvent être précédées, si besoin, de phases préparatoires ou de remise à niveau), débouchent sur des diplômes homologués par l’État.

Les formations en CRP peuvent être de trois ordres :
des formations de préorientation (dont l’objectif est d’aider à élaborer le projet professionnel de la personne) ;
des formations préparatoires (dont le suivi est préalable à l’acquisition de nouvelles compétences) ;
des formations qualifiantes (200 formations qualifiantes du niveau BEP/CAP au niveau bac+2 sont proposées dans 24 secteurs d’activité).

À titre d’exemple, en Ile-de-France et pour 100 formations qualifiantes proposées, on compte en 2005 :
48 formations de niveau BEP/CAP ;
32 formations de niveau bac ;
10 formations de niveau bac+2 ;
9 formations de niveau certificat d’études primaires ;
1 formation de niveau bac+3 ou 4.

Si les formations proposées couvrent, quelque soit leur niveau, de nombreux secteurs d’activité, certains secteurs sont néanmoins particulièrement représentés. Ainsi, le niveau bac+2 regroupe la majorité des formations en informatique (concepteur de sites web, par exemple), tandis que le niveau le plus faible concentre des formations en entretien de bâtiment ou de services aux collectivités (espaces verts). Pour les niveaux intermédiaires, le secrétariat et la formation de techniciens en électronique sont les plus nombreux pour le niveau bac ; tandis que la vente, l’accueil et le tourisme sont très représentés pour le niveau BEP/CAP.

LES CARACTÉRISTIQUES DU PUBLIC ET LEUR DEVENIR

Les personnes handicapées qui suivent une formation au sein des CRP sont majoritairement des hommes (3 stagiaires sur 4) relativement jeunes (entre 34 et 36 ans).
Entre 2001 et 2005, malgré l’augmentation des actions d’orientation, l’âge moyen des stagiaires entrés en CRP a augmenté : en 2005 ils sont plus âgés qu’en 2001, avec un âge moyen de 35 ans contre 34.
En matière de finalité du stage suivi, plus celle-ci est proche de l’emploi dans le parcours d’insertion, plus le public est âgé. Ainsi, les stagiaires entrés pour des actions d’orientation sont globalement plus jeunes (33,6 ans) que ceux entrés en préparation à la formation (34,6 ans) ou en formation qualifiante (35 ans).
Selon le schéma régional des CRP qui est actuellement en cours de réalisation par la DRTEFP, la Cram et la Drass d’Ile-de-France avec un appui de l’Afpa, on compte, pour l’année 2001, 49% de placement six mois après la réalisation d’une formation qualifiante en CRP (dont 20% en CDD et 66% en CDI [1]). Ce taux diminue légèrement un peu pour 2002 avec 46 % de placement (50% en CDI et 23% en CDD).
L’enquête réalisée auprès des établissements et services pour enfants et adultes handicapés (ES) [2], appliquée à l’ensemble du dispositif (préorientations et formations préparatoires incluses), aboutit logiquement à des résultats de placement moins élevés (plus proches de 30%).

UNE STRUCTURE DES ENTRÉES EN CRP QUI SE MODIFIE DEPUIS 2001

Le dispositif CRP occupe une place croissante dans la formation des personnes handicapées, à la faveur, pour majeure partie, de la baisse plus ou moins importante des entrées dans les autres programmes de formation (-43% pour les programmes État, -13% pour ceux de la Région, -22% pour l’Afpa [3]). Cette tendance est particulièrement frappante à la suite de l’abrogation des Sife (stage d’insertion et de formation à l’emploi) en 2005 qui n’a pas donné lieu à un transfert vers d’autres dispositifs existants.
Si les entrées en CRP augmentent sur les différents types de formation (orientation, préparatoire et qualifiante), cette hausse ne se constate pas sur un volume identique pour chacun. Ainsi, le poids de la qualification dans les formations CRP, qui était de 52% en 2001, diminue dans chaque département d’Ile-de-France entre 2001 et 2005, tandis que les actions préparatoires et celles d’orientation s’accroissent (sauf dans l’Essonne et la Seine-et-Marne pour les premières).
À la fin des Sife, la préorientation a, semble-t-il, pris le relais des actions spécifiques de « positionnement professionnel » que ce programme proposait (actions préparatoires à l’emploi, bilan, élaboration de projet…). Une tendance qui ne semble pas se stabiliser en 2006, d’après les dernières données de la Drees (36% de décisions CDAPH en « préorientation » sur l’ensemble des décisions « formation », par ailleurs en baisse de 14%).

Guide de lecture : une personne peut entrer sur plusieurs actions CRP. Chaque entrée dans le « dispositif CRP », pour une même personne le cas échéant, fait l’objet d’une orientation. Depuis 2006, ces orientations sont faites par les CDAPH au sein des Maisons départementales des personnes handicapées (MDPH).

A SAVOIR

Les places dans les CRP sont financées par l’Assurance maladie en co-instruction avec la Drass (Direction régionale des affaires sanitaires et sociales) d’Ile-de-France.
Un mécanisme qui entre aujourd’hui dans les Priac – programmes régionaux d’accompagnement de la perte d’autonomie – établis, en concertation avec la CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie), dans une logique d’équité territoriale.

L’offre de formation en tant que telle est établie en coopération avec la DRTEFP (Direction régionale du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle), qui participe au processus d’instruction.

La rémunération du stagiaire au titre de la formation professionnelle est partagée entre l’État et la Région (voir point suivant) et versée par le Cnasea.

Deux types de CRP peuvent être distingués en Ile-de-France : les CRP à vocation régionale – dont l’origine des stagiaires est essentiellement, voire exclusivement, francilienne, et les CRP à vocation interrégionale ou nationale. Neuf établissements sont ainsi identifiés comme étant à vocation régionale, et onze à vocation interrégionale ou nationale. Cette répartition reste sans changement depuis sa mise en place (résultant d’un protocole État/conseil régional issu de la première phase de décentralisation).

RESSOURCES
Pour rechercher un centre ou une formation :
www.fagerh.asso.fr

Guide Néret pour les personnes handicapées (éd. groupe Liaisons)

Guide des établissements et des services pour enfants et adultes handicapés 2006 (éd. ORS Ile-de-France)

À paraître :
Les Centres de rééducation professionnelle, Practhis, 2007 – Cahier d’études n° 2

[1] Non précisé pour la part restante.

[2] Cette enquête, lancée pour la première fois en 1982, aide à fixer les objectifs de réponse aux besoins sociaux et médico-sociaux. Les résultats présentés ici — dont on ne connaît pas les conditions précises de mesure — sont issus de l’enquête 2001. Pour plus d’informations sur l’enquête ES 2001, lire : « Les établissements médico-sociaux pour adultes handicapés activité, clientèle et personnel au 31 décembre 2001 » de Solveig Vanovermeir et Dominique Bertrand, éd. DREES, Série Statistiques, n°64, mai 2004.

[3] Jusqu’en 2005. La tendance se modifie en 2006, notamment pour l’Afpa.

L’offre de formation professionnelle aux personnes handicapées repose aujourd’hui pour une grande part sur les centres de rééducation professionnelle. Ces établissements médico-sociaux proposent, dans le cadre d’une programmation régionale, une palette d’actions allant de la préorientation à la qualification. Handipole fait le point sur ce dispositif, à partir notamment d’une étude à paraître de l’Observatoire régional des dispositifs d’insertion des travailleurs handicapés.
Seul dispositif de formation longue durée (souvent supérieure à un an), spécifiquement dédié aux personnes en situation de handicap, les centres de rééducation ou reclassement professionnel (CRP) ont pour mission de faciliter la réinsertion sociale et professionnelle des travailleurs handicapés.

Ils ont pour vocation d’assurer une formation qualifiante par le biais d’acquisition de nouvelles compétences professionnelles, en alliant un suivi médical, psychologique et social de la personne – avec la présence au sein des centres de personnels tels que médecins, kinésithérapeutes, ergonomes, psychologues, assistants de service social, selon les besoins et les déficiences des stagiaires. Les formations qui y sont dispensées (et qui peuvent être précédées, si besoin, de phases préparatoires ou de remise à niveau), débouchent sur des diplômes homologués par l’État.

Les formations en CRP peuvent être de trois ordres :
des formations de préorientation (dont l’objectif est d’aider à élaborer le projet professionnel de la personne) ;
des formations préparatoires (dont le suivi est préalable à l’acquisition de nouvelles compétences) ;
des formations qualifiantes (200 formations qualifiantes du niveau BEP/CAP au niveau bac+2 sont proposées dans 24 secteurs d’activité).

À titre d’exemple, en Ile-de-France et pour 100 formations qualifiantes proposées, on compte en 2005 :
48 formations de niveau BEP/CAP ;
32 formations de niveau bac ;
10 formations de niveau bac+2 ;
9 formations de niveau certificat d’études primaires ;
1 formation de niveau bac+3 ou 4.

Si les formations proposées couvrent, quelque soit leur niveau, de nombreux secteurs d’activité, certains secteurs sont néanmoins particulièrement représentés. Ainsi, le niveau bac+2 regroupe la majorité des formations en informatique (concepteur de sites web, par exemple), tandis que le niveau le plus faible concentre des formations en entretien de bâtiment ou de services aux collectivités (espaces verts). Pour les niveaux intermédiaires, le secrétariat et la formation de techniciens en électronique sont les plus nombreux pour le niveau bac ; tandis que la vente, l’accueil et le tourisme sont très représentés pour le niveau BEP/CAP.

LES CARACTÉRISTIQUES DU PUBLIC ET LEUR DEVENIR

Les personnes handicapées qui suivent une formation au sein des CRP sont majoritairement des hommes (3 stagiaires sur 4) relativement jeunes (entre 34 et 36 ans).
Entre 2001 et 2005, malgré l’augmentation des actions d’orientation, l’âge moyen des stagiaires entrés en CRP a augmenté : en 2005 ils sont plus âgés qu’en 2001, avec un âge moyen de 35 ans contre 34.
En matière de finalité du stage suivi, plus celle-ci est proche de l’emploi dans le parcours d’insertion, plus le public est âgé. Ainsi, les stagiaires entrés pour des actions d’orientation sont globalement plus jeunes (33,6 ans) que ceux entrés en préparation à la formation (34,6 ans) ou en formation qualifiante (35 ans).
Selon le schéma régional des CRP qui est actuellement en cours de réalisation par la DRTEFP, la Cram et la Drass d’Ile-de-France avec un appui de l’Afpa, on compte, pour l’année 2001, 49% de placement six mois après la réalisation d’une formation qualifiante en CRP (dont 20% en CDD et 66% en CDI [1]). Ce taux diminue légèrement un peu pour 2002 avec 46 % de placement (50% en CDI et 23% en CDD).
L’enquête réalisée auprès des établissements et services pour enfants et adultes handicapés (ES) [2], appliquée à l’ensemble du dispositif (préorientations et formations préparatoires incluses), aboutit logiquement à des résultats de placement moins élevés (plus proches de 30%).

UNE STRUCTURE DES ENTRÉES EN CRP QUI SE MODIFIE DEPUIS 2001

Le dispositif CRP occupe une place croissante dans la formation des personnes handicapées, à la faveur, pour majeure partie, de la baisse plus ou moins importante des entrées dans les autres programmes de formation (-43% pour les programmes État, -13% pour ceux de la Région, -22% pour l’Afpa [3]). Cette tendance est particulièrement frappante à la suite de l’abrogation des Sife (stage d’insertion et de formation à l’emploi) en 2005 qui n’a pas donné lieu à un transfert vers d’autres dispositifs existants.
Si les entrées en CRP augmentent sur les différents types de formation (orientation, préparatoire et qualifiante), cette hausse ne se constate pas sur un volume identique pour chacun. Ainsi, le poids de la qualification dans les formations CRP, qui était de 52% en 2001, diminue dans chaque département d’Ile-de-France entre 2001 et 2005, tandis que les actions préparatoires et celles d’orientation s’accroissent (sauf dans l’Essonne et la Seine-et-Marne pour les premières).
À la fin des Sife, la préorientation a, semble-t-il, pris le relais des actions spécifiques de « positionnement professionnel » que ce programme proposait (actions préparatoires à l’emploi, bilan, élaboration de projet…). Une tendance qui ne semble pas se stabiliser en 2006, d’après les dernières données de la Drees (36% de décisions CDAPH en « préorientation » sur l’ensemble des décisions « formation », par ailleurs en baisse de 14%).

Guide de lecture : une personne peut entrer sur plusieurs actions CRP. Chaque entrée dans le « dispositif CRP », pour une même personne le cas échéant, fait l’objet d’une orientation. Depuis 2006, ces orientations sont faites par les CDAPH au sein des Maisons départementales des personnes handicapées (MDPH).

A SAVOIR

Les places dans les CRP sont financées par l’Assurance maladie en co-instruction avec la Drass (Direction régionale des affaires sanitaires et sociales) d’Ile-de-France.
Un mécanisme qui entre aujourd’hui dans les Priac – programmes régionaux d’accompagnement de la perte d’autonomie – établis, en concertation avec la CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie), dans une logique d’équité territoriale.

L’offre de formation en tant que telle est établie en coopération avec la DRTEFP (Direction régionale du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle), qui participe au processus d’instruction.

La rémunération du stagiaire au titre de la formation professionnelle est partagée entre l’État et la Région (voir point suivant) et versée par le Cnasea.

Deux types de CRP peuvent être distingués en Ile-de-France : les CRP à vocation régionale – dont l’origine des stagiaires est essentiellement, voire exclusivement, francilienne, et les CRP à vocation interrégionale ou nationale. Neuf établissements sont ainsi identifiés comme étant à vocation régionale, et onze à vocation interrégionale ou nationale. Cette répartition reste sans changement depuis sa mise en place (résultant d’un protocole État/conseil régional issu de la première phase de décentralisation).

RESSOURCES
Pour rechercher un centre ou une formation :
www.fagerh.asso.fr

Guide Néret pour les personnes handicapées (éd. groupe Liaisons)

Guide des établissements et des services pour enfants et adultes handicapés 2006 (éd. ORS Ile-de-France)

À paraître :
Les Centres de rééducation professionnelle, Practhis, 2007 – Cahier d’études n° 2

décembre 2007

• Facilitation et sécurisation des parcours professionnels des personnes handicapées
• Les centres de rééducation professionnelle
• L’Apas au service du maintien dans l’emploi

 

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