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décembre 2006

Nanterre ouvre sa Maison de l’emploi au handicap

Le plan de cohésion sociale prévoit la labellisation au niveau national de 300 Maisons de l’emploi, dispositif réunissant, au sein d’un même espace et pour un territoire donné, le service public de l’emploi, les élus et les associations. L’objectif : offrir aux demandeurs d’emplois, aux salariés et aux entreprises une gamme de services à la fois coordonnée et élargie, en vue d’améliorer l’emploi et la création d’activités. Parmi les Maisons de l’emploi d’Ile-de-France, celle de Nanterre (92) a intégré dans son projet une offre de service aux personnes handicapées.
La Maison de l’emploi et de la formation (Mef) de Nanterre a ouvert ses portes en juin dernier. Elle réunit dans un même bâtiment l’ANPE, la Mission locale, le Plie (plan local pour l’insertion et l’emploi), l’Assedic, l’Afpa, l’Education nationale, l’Areph (structure Cap emploi), le Fongecif et l’association Intermédiaire Essor. Chacun de ces organismes conserve ses champs d’actions et ses missions, tout en s’impliquant dans un travail partenarial.

« La structure de la Maison de l’emploi et de la formation est l’aboutissement d’une dizaine d’années de réflexion et de concertation entre partenaires, explique Jérôme Dormoy, directeur de la Mef. Nous avions appris à nous connaître, à nous parler et à travailler ensemble. Alors, lorsqu’il a été question de nous rassembler pour mieux répondre aux besoins du public, nous étions déjà d’accord sur la philosophie de principe. » La Mef de Nanterre fait partie des 25 Maisons de l’emploi labellisées d’Ile-de-France, conformément à la loi de programmation pour la cohésion sociale de janvier 2005 (lire encadré). Malgré les bonnes intentions, le projet n’était pas simple à mettre en place. Il se concrétise aujourd’hui par une organisation nouvelle comme une offre de services élargie. Une offre qui a tenu compte des besoins des travailleurs handicapés.

Se regrouper pour travailler ensemble

Les structures partenaires se sont organisées différemment pour rejoindre physiquement les locaux de Nanterre : certaines ont emménagé complètement dans le bâtiment, d’autres ont déménagé une antenne et conservent une autre adresse sur le département, d’autres encore ont gardé leurs locaux d’origine et détachent une partie de leurs salariés au sein de la Maison. Cette organisation n’est pas qu’une affaire de logistique ou de partage d’outils : le fonctionnement de la Maison de l’emploi a été pensé pour favoriser les échanges entre les personnels des diverses structures représentées au sein de la Mef.

Cette volonté de travail en commun se perçoit jusque dans la configuration des lieux : les salles de réunion, par exemple, sont toutes partagées par l’ensemble des organismes partenaires, comme les lieux de pause ou de restauration. Ainsi les salariés se côtoient constamment et apprennent à mieux se connaître. On passe d’une structure à l’autre en changeant simplement de bureau : il est alors plus facile de développer cette complémentarité qui permet à l’usager de ne pas être ballotté de service en service… Quand le partage d’outils est possible, il n’est pas que technologique. L’exemple le plus flagrant est celui du dossier unique du demandeur d’emploi (Dude) [1]. L’ANPE et l’Assedic partagent un même outil informatique – ils alimentent tous deux le dossier du demandeur – mais également un même espace d’accueil du public. Cohérence et coordination sont ainsi facilitées. Et, parce qu’elles travaillent au sein de la Mef, les structures partenaires habilitées à partager des informations avec l’ANPE et l’Assedic dans le cadre du suivi du demandeur pourront le faire plus naturellement. Pour faire fonctionner au mieux cette organisation nouvelle, un comité de pilotage de la Mef rassemblera une fois par mois l’ensemble des structures et sera l’occasion d’échanger sur les actions en cours comme sur les projets à développer pour répondre au plus près aux besoins du public.

Développer des services pour tous

« La Maison ne s’ouvre pas qu’aux chômeurs, insiste Jérôme Dormoy, d’où l’importance de l’appellation Maison de l’emploi et de la formation. Outre les demandeurs d’emploi, les salariés, les personnes en formation, les étudiants trouveront des interlocuteurs adaptés, en fonction de leur situation, comme le service d’orientation de l’Afpa, par exemple, ou des dispositifs d’appui à la validation des acquis de l’expérience (VAE), tel que le DAVA [2] de l’Education nationale. »

Des services pour tous, y compris en termes de publics. Dans cet esprit, l’accueil des personnes handicapées au sein de la Maison de l’emploi a été réfléchi dès la mise en place du partenariat. L’offre de services globale de la Maison de l’emploi est bien évidemment proposée aux travailleurs handicapés comme aux demandeurs valides. Mais l’accessibilité n’a pas été oubliée, depuis celle du bâtiment et des bureaux jusqu’à celle de l’information – qui pourra passer par des ordinateurs [3]équipés de casques pour synthèse vocale et d’une imprimante braille pour les personnes déficientes visuelles ou par de l’interprétariat en langue des signes pour les personnes déficientes auditives. Pour ce qui concerne les services, la Mef propose des interlocuteurs spécialisés à travers le Cap emploi local (Areph). L’intégration de l’Areph au sein de la Maison a impulsé un intérêt renouvelé pour le public handicapé parmi les professionnels des autres organismes. Chacun des partenaires s’est posé des questions sur le handicap et s’est préoccupé de ce qui pouvait être fait pour favoriser l’accueil. La Mef se prépare d’ailleurs à organiser et ce, régulièrement, des événements spécifiques pour le public en situation de handicap. « Avec ce souci d’offrir au public un lieu d’information aussi complet que possible, nous avons également décidé de créer une Cité des métiers », ajoute Jérôme Dormoy. Labellisée par la Cité de la Villette, à Paris (lire Handipole n° 22), elle est animée par des professionnels mis à disposition par leur structure et par des salariés de la Maison de l’emploi. La Cité des métiers comprend cinq pôles – orientation, formation, emploi, création d’activité, et connaissance des droits – ainsi qu’une documentation ouverte à tous.

Du côté des services aux entreprises, une plate-forme de projets a pour objectif d’étudier leurs besoins en termes d’emploi, de formation, de recrutement, de connaissance des dispositifs, pour que la réponse de la Maison de l’emploi soit plus pertinente. Par exemple, si une entreprise souhaite effectuer un recrutement collectif ou proposer des rencontres métiers, elle sera accueillie au sein même de la Mef pour que l’information puisse être diffusée à tous les partenaires en même temps. La plate-forme de projets est conçue pour optimiser les actions de prospection de chacun. L’idée est d’éviter que l’entreprise ne soit interpellée de multiples fois par différentes structures, chacune avec ses propres objectifs. Ici, l’approche est globale : l’entreprise a un interlocuteur bien identifié qu’elle sait capable de répondre à ses besoins dans leur ensemble.

Si la Mef réunit en son sein les acteurs locaux essentiels de l’emploi, elle conserve son souci du partenariat. Elle entretient par exemple des contacts réguliers avec la Maison départementale des personnes handicapées – notamment via le référent pour l’insertion professionnelle – et avec la coordination du programme départemental d’insertion des travailleurs handicapés (PDITH). Par ailleurs, elle a initié un observatoire emploi-formation territorial en lien avec la maison de l’emploi de Rueil-Malmaison (92) pour mieux appréhender le tissu économique et les besoins du bassin d’emploi. « Jusqu’à présent, chacun a travaillé de son côté pour organiser son diagnostic et sa stratégie, rappelle Jérôme Dormoy. Mais, en mutualisant les connaissances que chacun peut produire, nous arriverons sans doute à avoir une lisibilité complémentaire et à élaborer des axes stratégiques communs. »

[1] Mis en place en 2006 dans le cadre du plan de cohésion sociale

[2] Dispositif académique de validation des acquis

[3] A savoir : la Mef de Nanterre bénéficie également du label Cyberbase de la Caisse des dépôts et consignations pour son espace public d’initiation et de sensibilisation à Internet et aux nouvelles technologies.

Aller plus loin

Le plan de cohésion sociale prévoit la labellisation au niveau national de 300 Maisons de l’emploi, dispositif réunissant, au sein d’un même espace et pour un territoire donné, le service public de l’emploi, les élus et les associations. L’objectif : offrir aux demandeurs d’emplois, aux salariés et aux entreprises une gamme de services à la fois coordonnée et élargie, en vue d’améliorer l’emploi et la création d’activités. Parmi les Maisons de l’emploi d’Ile-de-France, celle de Nanterre (92) a intégré dans son projet une offre de service aux personnes handicapées.
La Maison de l’emploi et de la formation (Mef) de Nanterre a ouvert ses portes en juin dernier. Elle réunit dans un même bâtiment l’ANPE, la Mission locale, le Plie (plan local pour l’insertion et l’emploi), l’Assedic, l’Afpa, l’Education nationale, l’Areph (structure Cap emploi), le Fongecif et l’association Intermédiaire Essor. Chacun de ces organismes conserve ses champs d’actions et ses missions, tout en s’impliquant dans un travail partenarial.

« La structure de la Maison de l’emploi et de la formation est l’aboutissement d’une dizaine d’années de réflexion et de concertation entre partenaires, explique Jérôme Dormoy, directeur de la Mef. Nous avions appris à nous connaître, à nous parler et à travailler ensemble. Alors, lorsqu’il a été question de nous rassembler pour mieux répondre aux besoins du public, nous étions déjà d’accord sur la philosophie de principe. » La Mef de Nanterre fait partie des 25 Maisons de l’emploi labellisées d’Ile-de-France, conformément à la loi de programmation pour la cohésion sociale de janvier 2005 (lire encadré). Malgré les bonnes intentions, le projet n’était pas simple à mettre en place. Il se concrétise aujourd’hui par une organisation nouvelle comme une offre de services élargie. Une offre qui a tenu compte des besoins des travailleurs handicapés.

Se regrouper pour travailler ensemble

Les structures partenaires se sont organisées différemment pour rejoindre physiquement les locaux de Nanterre : certaines ont emménagé complètement dans le bâtiment, d’autres ont déménagé une antenne et conservent une autre adresse sur le département, d’autres encore ont gardé leurs locaux d’origine et détachent une partie de leurs salariés au sein de la Maison. Cette organisation n’est pas qu’une affaire de logistique ou de partage d’outils : le fonctionnement de la Maison de l’emploi a été pensé pour favoriser les échanges entre les personnels des diverses structures représentées au sein de la Mef.

Cette volonté de travail en commun se perçoit jusque dans la configuration des lieux : les salles de réunion, par exemple, sont toutes partagées par l’ensemble des organismes partenaires, comme les lieux de pause ou de restauration. Ainsi les salariés se côtoient constamment et apprennent à mieux se connaître. On passe d’une structure à l’autre en changeant simplement de bureau : il est alors plus facile de développer cette complémentarité qui permet à l’usager de ne pas être ballotté de service en service… Quand le partage d’outils est possible, il n’est pas que technologique. L’exemple le plus flagrant est celui du dossier unique du demandeur d’emploi (Dude) [1]. L’ANPE et l’Assedic partagent un même outil informatique – ils alimentent tous deux le dossier du demandeur – mais également un même espace d’accueil du public. Cohérence et coordination sont ainsi facilitées. Et, parce qu’elles travaillent au sein de la Mef, les structures partenaires habilitées à partager des informations avec l’ANPE et l’Assedic dans le cadre du suivi du demandeur pourront le faire plus naturellement. Pour faire fonctionner au mieux cette organisation nouvelle, un comité de pilotage de la Mef rassemblera une fois par mois l’ensemble des structures et sera l’occasion d’échanger sur les actions en cours comme sur les projets à développer pour répondre au plus près aux besoins du public.

Développer des services pour tous

« La Maison ne s’ouvre pas qu’aux chômeurs, insiste Jérôme Dormoy, d’où l’importance de l’appellation Maison de l’emploi et de la formation. Outre les demandeurs d’emploi, les salariés, les personnes en formation, les étudiants trouveront des interlocuteurs adaptés, en fonction de leur situation, comme le service d’orientation de l’Afpa, par exemple, ou des dispositifs d’appui à la validation des acquis de l’expérience (VAE), tel que le DAVA [2] de l’Education nationale. »

Des services pour tous, y compris en termes de publics. Dans cet esprit, l’accueil des personnes handicapées au sein de la Maison de l’emploi a été réfléchi dès la mise en place du partenariat. L’offre de services globale de la Maison de l’emploi est bien évidemment proposée aux travailleurs handicapés comme aux demandeurs valides. Mais l’accessibilité n’a pas été oubliée, depuis celle du bâtiment et des bureaux jusqu’à celle de l’information – qui pourra passer par des ordinateurs [3]équipés de casques pour synthèse vocale et d’une imprimante braille pour les personnes déficientes visuelles ou par de l’interprétariat en langue des signes pour les personnes déficientes auditives. Pour ce qui concerne les services, la Mef propose des interlocuteurs spécialisés à travers le Cap emploi local (Areph). L’intégration de l’Areph au sein de la Maison a impulsé un intérêt renouvelé pour le public handicapé parmi les professionnels des autres organismes. Chacun des partenaires s’est posé des questions sur le handicap et s’est préoccupé de ce qui pouvait être fait pour favoriser l’accueil. La Mef se prépare d’ailleurs à organiser et ce, régulièrement, des événements spécifiques pour le public en situation de handicap. « Avec ce souci d’offrir au public un lieu d’information aussi complet que possible, nous avons également décidé de créer une Cité des métiers », ajoute Jérôme Dormoy. Labellisée par la Cité de la Villette, à Paris (lire Handipole n° 22), elle est animée par des professionnels mis à disposition par leur structure et par des salariés de la Maison de l’emploi. La Cité des métiers comprend cinq pôles – orientation, formation, emploi, création d’activité, et connaissance des droits – ainsi qu’une documentation ouverte à tous.

Du côté des services aux entreprises, une plate-forme de projets a pour objectif d’étudier leurs besoins en termes d’emploi, de formation, de recrutement, de connaissance des dispositifs, pour que la réponse de la Maison de l’emploi soit plus pertinente. Par exemple, si une entreprise souhaite effectuer un recrutement collectif ou proposer des rencontres métiers, elle sera accueillie au sein même de la Mef pour que l’information puisse être diffusée à tous les partenaires en même temps. La plate-forme de projets est conçue pour optimiser les actions de prospection de chacun. L’idée est d’éviter que l’entreprise ne soit interpellée de multiples fois par différentes structures, chacune avec ses propres objectifs. Ici, l’approche est globale : l’entreprise a un interlocuteur bien identifié qu’elle sait capable de répondre à ses besoins dans leur ensemble.

Si la Mef réunit en son sein les acteurs locaux essentiels de l’emploi, elle conserve son souci du partenariat. Elle entretient par exemple des contacts réguliers avec la Maison départementale des personnes handicapées – notamment via le référent pour l’insertion professionnelle – et avec la coordination du programme départemental d’insertion des travailleurs handicapés (PDITH). Par ailleurs, elle a initié un observatoire emploi-formation territorial en lien avec la maison de l’emploi de Rueil-Malmaison (92) pour mieux appréhender le tissu économique et les besoins du bassin d’emploi. « Jusqu’à présent, chacun a travaillé de son côté pour organiser son diagnostic et sa stratégie, rappelle Jérôme Dormoy. Mais, en mutualisant les connaissances que chacun peut produire, nous arriverons sans doute à avoir une lisibilité complémentaire et à élaborer des axes stratégiques communs. »

En savoir plus

Les objectifs des Maisons de l’emploi La création ou la labellisation des Maisons de l’emploi répond à un triple objectif :

1 Bien identifier les problématiques sur les bassins d’emploi via des diagnostics territoriaux

2 Favoriser l’accès et le retour à l’emploi des personnes qui en sont le plus éloignées en assurant sur le terrain une meilleure coopération entre les structures

3 Aider à développer l’emploi et la création d’entreprises

La charte des Maisons de l’emploi veille à la qualité d’accueil, d’écoute, d’orientation et d’accompagnement des publics, comme à la qualité de l’organisation (contribution de chaque partenaire, coordination, processus de travail collectif…). Les Maisons de l’emploi ont pour vocation d’assurer sur le terrain une meilleure coopération entre les organismes. Elles rassemblent dans un même lieu et pour un même objet Etat, collectivité territoriale, ANPE et Assedic (leur socle incontournable) et de façon modulable selon les territoires : conseil régional, conseil général, intercommunalité, commune, Afpa, PAIO, mission locale, chambre consulaire, organisme de développement économique, organisme d’insertion professionnelle, Cap emploi, Apec, partenaires sociaux et tout acteur concerné par l’emploi.

Pour plus d’informations et la liste des Maisons labellisées http://www.cohesionsociale.gouv.fr / les dossiers / maisons de l’emploi

Maison de l’emploi et de la formation de Nanterre http://www.mefnanterre.fr

Lire également la synthèse sur http://www.handipole.org rubrique espaces travail et emploi / infos emploi

décembre 2006

 

© Handipole - Politiques d'emploi en faveur des personnes handicapées