Appui projet est le fruit d’une réflexion de l’Agefiph engagée dès le début 2008 pour soutenir la démarche d’orientation professionnelle des personnes handicapées. Proposé à 31 MDPH en expérimentation – Yvelines, Val-de-Marne et Hauts-de- Seine pour l’Ile-de-France – ce service intervient en amont des décisions de la Commission des droits et de l’autonomie (CDAPH) et permet aux équipes pluridisciplinaires de compléter leurs évaluations par un éclairage sur des pistes d’insertion professionnelles explorées directement en entreprise (lire encadré ci-après – Appui projet en 4 étapes).
« Appui projet ne se substitue en aucun cas au travail de l’équipe pluridisciplinaire et des médecins », précise Isabelle Hénot, responsable en charge de l’insertion professionnelle à la MDPH des Hauts-de-Seine (92). « Au contraire, Appui projet vise à éclairer les décisions d’orientation par un premier regard extérieur sur les perspectives d’insertion professionnelle. Ainsi, au retour du bilan Appui projet, la CDAPH dispose d’éléments récents et vérifiés pour l’aider à statuer ».
L’originalité du service est d’impliquer l’entreprise à la démarche. Ainsi, la personne handicapée peut découvrir la réalité d’un métier directement en entreprise et engager l’élaboration de son projet partant de mises en situations très concrètes encadrées par un tuteur.
QUI BÉNÉFICIE D’APPUI PROJET ?
Appui projet concerne les personnes qui déposent une demande de RQTH pour la
première fois, sans critères d’âge ou de handicap. Toutefois, les personnes dont
l’état de santé n’est pas stabilisé ou qui sont en arrêt maladie longue durée, par
exemple, ne sont pas concernées par le service. Le principe est en effet de proposer
Appui projet à des personnes en capacité de se mobiliser rapidement sur un parcours
d’insertion professionnelle.
L’expérimentation menée en 2008 révèle quelques grandes lignes sur le profil des
bénéficiaires d’Appui projet. Trois profils de bénéficiaires se dessinent :
Les personnes peu fixées sur un projet professionnel, voire même sur leur motivation à reprendre le travail ; elles peuvent trouver dans Appui projet une occasion de faire le point sur leurs besoins ou leur intérêt à retravailler, sans pousser plus loin que la phase d’entretiens.
Les personnes qui hésitent entre plusieurs idées sans se fixer sur aucune – des bénéficiaires plutôt jeunes et vivant mal leur situation de handicap ; Appui projet peut leur apporter une écoute et leur permettre de poser quelques jalons fermes.
Les personnes qui ont un projet précis, pas forcément validé, et qui sont impatientes de le réaliser ; un passage en entreprise, même bref, sera l’occasion d’affirmer leur motivation, évaluer la faisabilité de leur projet et le redéfinir le cas échéant.
Sur les caractéristiques des personnes, pour l’Ile-de-France (lire encadré), on retrouve
aussi bien des jeunes que des personnes plus âgées, diplômées ou non, avec des
handicaps moteurs et des maladies invalidantes pour la majorité d’entre-eux.
Globalement, le bilan de l’expérimentation fait état d’un accueil positif de la prestation
par les personnes handicapées. Beaucoup d’entre elles mettent en avant le fait que cette démarche leur a redonné de la confiance et ouvert des horizons.
72% des personnes qui n’avaient pas de piste d’orientation professionnelle en identifient au moins une à l’issue des entretiens préliminaires, et 87% de celles qui ont bénéficié d’une immersion en entreprise la jugent utile.
LES PARTENAIRES AU COEUR DU DISPOSITIF
La mobilisation des entreprises est un facteur clé du succès du service Appui projet.
Les retours de l’expérimentation montrent que cette mobilisation ne fait pas
défaut la plupart du temps. Les employeurs contactés jouent le jeu, le plus
souvent par bienveillance vis-à-vis du handicap, que celui-ci soit intégré à leur politique
de ressources humaines ou non, et aussi dans le souci de faire connaître leurs
métiers.
_ « L’accueil et le soutien de la personne en immersion dans l’entreprise sont extrêmement importants, insiste Isabelle Hénot. Il faut veiller notamment à ne pas brusquer telle personne encore fragile, ou à encadrer telle autre qui n’a pas travaillé depuis des années, et qui se sent démunie face à un environnement qui lui est devenu étranger. Nous avons vu des personnes qui étaient très motivées ne pas réussir à franchir le cap de l’entreprise ».
Il est demandé aux entreprises impliquées de désigner un tuteur chargé d’accueillir la
personne pendant la durée de son immersion, afin d’apporter au bénéficiaire toutes
les informations lui permettant de comprendre les attentes de l’entreprise, l’appréhender les conditions de travail et les compétences exigées pour l’emploi visé.
À l’issue de l’expérience, plus des trois quarts des employeurs la jugent bénéfique
du point de vue de l’entreprise, notamment parce qu’ils découvrent de nouvelles compétences et peuvent ainsi sensibiliser leur personnel à l’intégration de personnes handicapées [2].
Toutefois, habitués à des stages plus longs, certains d’entre eux trouvent le temps d’immersion trop court pour faire correctement le tour du métier. Ils soulignent également l’importance de la qualité du contact en amont avec le prestataire en charge d’Appui projet pour une bonne préparation de la phase en entreprise.
Cette qualité du tandem formé avec le prestataire se retrouve également parmi les préoccupations majeures des équipes des MDPH. Elles sont au coeur du dispositif, et
ce sont elles qui ont permis, par leurs observations, de faire émerger les points essentiels qui permettront d’optimiser Appui projet. D’ores et déjà, il apparaît essentiel de créer un lien entre Appui projet et les partenaires de l’insertion qui auront à intervenir après la décision de la CDAPH, tels que Pôle emploi ou Cap emploi.
« Car d’autres partenaires peuvent trouver un bénéfice induit au service Appui projet, conclut Isabelle Hénot. Nous avons constaté, quelle que soit l’issue de la prestation, qu’elle incitait davantage les personnes à s’adresser à des structures spécialisées. Les personnes ont ainsi moins de risque de s’isoler dans leurs recherches d’emploi. Appui projet amorce la phase de mobilisation, de confrontation à la réalité de l’entreprise, que les acteurs de l’accompagnement pourront mettre utilement
à profit ».
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| Le service Appui projet propose au bénéficiaire, dès le dépôt de sa première demande d’orientation professionnelle auprès de la MDPH, un parcours en quatre
étapes, concentré sur 40 heures, et 6 semaines au maximum.
Appui projet est réalisé par un prestataire, sélectionné par l’Agefiph et la MDPH concernée. |
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| Données chiffrées sur les bénéficiaires d’Appui projet |
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Ces chiffres concernent les 224 personnes qui ont fait partie de l’expérimentation dans les départements des Yvelines, des Hauts-de-Seine et du Val-de-Marne, jusqu’à fin février 2009 - source : Extranet Agefiph, Traitements : Asdo études / évaluation expérimentation |